Frédéric François

Samedi

Je chante l'amour, mais j'ai aussi besoin de me sentir aimé. Et il n'y a pas de meilleur baromètre pour mesurer l'affection des fans que les applaudissements. Que de salles visitées ! que de kilomètres parcourus ! Des millions de disques vendus ! Et toujours ce public au rendez-vous. Ce public fidèle depuis trente ans qui aura fait le Frédéric François d'aujourd'hui.

Sous un ciel bas et lourd, transpercé de bourrasques, une vieille locomotive à vapeur entre en gare en s’époumonant. Cette gare du bout du monde est l’ultime station d’un itinéraire qui nous a amenés, nous les émigrants siciliens du petit village de Lercara Fridi, jusqu’en Belgique.

 

Nous sommes le 5 octobre 1951. J’ai 1an et demi. Ma mère Nina me tient dans ses bras. Mon frère aîné Rosario est à côté de nous. Nous regardons tous les trois par la vitre ouverte. Mon père Peppino, qui travaille dans une mine de charbon depuis trois ans, nous attend sur le quai de la gare. Cette station, c’est les Guillemins, à Liège, au cœur noir du bassin houiller. C’est la première étape d’une vie qui m’apparaît encore aujourd’hui comme totalement inespérée.

 

à droite, les corons, à gauche, les corons. Devant … les corons. Nous habitons une petite maison prêtée par la mine, en face du charbonnage situé à Tilleur, à 8 kilomètres de Liège. Nous n’aurions eu que le charbon et la fumée pour horizon s’il n’y avait pas eu mon père Peppino pour y apporter le soleil de sa voix. à la maison, il m’éblouit quand il se met à chanter, avec sa guitare, des chansons napolitaines. J’ai 10 ans quand, au Café Sicilien, où l’on applaudit son talent de chanteur et où il m’emmène, Peppino dit invariablement : "Mon fils ? il chante la Sicile mieux que moi !" Et il me place d'office sur une table pour chanter "O Sole Mio". Mon père, je lui dois tout : il m'a transmis ses dons vocaux et j'ai hérité de son goût pour les chansons d'amour.

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