Emilie Simon

Dimanche

« The Big Machine »

C'est à New York, berceau de tous les hybrides artistiques, que vit désormais Emilie Simon. C'est donc au cÅ« ur de la Big Apple qu'aura germé et grandi The Big Machine, impressionnant troisième album d'une jeune Française désormais libre de ses mouvements, qui chante ici (presque exclusivement) en anglais et poursuit en version extra-large un songe musical entamé en 2003.

« Après l’enchaînement des disques et des tournées sur un rythme infernal, j’ai éprouvé le besoin de créer une rupture. Je voulais vivre d’abord des expériences pour moi-même, sans penser forcément à la musique. Je suis partie sans emporter ni micro ni piano, je me suis même interdit d’approcher l’ordinateur pendant un an et demi. Je voulais voir ce dont j’étais capable une fois privée de mes repères. » Forcément, cette diète ne dure qu’un temps, et bientôt Emilie se rapproche à tâtons des instruments tout en bousculant sa façon d’appréhender la composition et le chant, laissant parler son intuition comme elle l’a toujours fait. Elle consigne ses sentiments au jour le jour, envisage les chansons non plus comme des féeries détachées du réel mais comme un véritable carnet de bord de cette grande aspiration sensorielle qu’est la vie à New York.

La Big machine est en marche, et même si Emilie l’ignorait en bâtissant ces plans, on peut lui trouver une lointaine ancêtre dans histoire de la musique new-yorkaise, ce Big science de Laurie Anderson qui conciliait déjà il y a trente ans expérimentations ludiques et sérieuses (O Superman), avant-garde et pop.

Les deux premiers albums d’Emilie Simon reposaient déjà sur un équilibre parfaitement trouvé entre une écriture sensuelle et un appareillage électronique complexe.

Cette fois, elle qui n’avait jamais expérimenté réellement la vie de groupe s’est mise en quête de trouver des musiciens capables de donner chair à ses envies.

Avant cela, histoire de se soumettre aux vertiges que connurent avant elle tant de musiciens américains du circuit folk, elle donne des concerts solo dans des clubs : « j’ai commencé à jouer les nouveaux titres au Roxy, à Los Angeles, puis j’ai tenu une résidence à New York pendant cinq semaines, où je m’imposais de présenter à chaque fois un nouveau morceau que je venais de composer. Le bouche-à-oreille a si bien fonctionné qu’à l’arrivée il y avait des gens qui restaient sur le trottoir. »

Un encouragement à poursuivre la marche impériale d’un album qui s’est quasiment construit en public, et qui possédait déjà une solide armature lorsque des musiciens extérieurs furent invités à entrer dans sa ronde.


« Je voulais que l’album transcrive l’impression que j’avais de New York, avec un côté noir et blanc, urbain, apporté par la basse et la batterie, et des explosions de couleurs et de lumières amenées par les synthés. »

Emilie Simon

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